Maternité et désir d’accomplissement

“Être maman est le plus beau métier du monde”. Cette phrase, je l’ai entendu toute ma vie, et bien avant que je ne devienne moi-même mère. La maternité a toujours été perçue comme l’activité la plus valorisante qu’une femme puisse faire de toute sa vie. Aujourd’hui encore, on apprécie la réussite de la vie d’une femme à sa capacité à être une (bonne) mère ou pas.

Un jour, un de mes petits frères m’a posé la question suivante : “Esther, es-tu vraiment épanouie à l’idée d’être “uniquement” une mère ? Je réalise que tout ce que les gens retiennent de toi, c’est que tu as deux enfants. Mais est-ce suffisant ?” Sur le coup, j’ai répondu oui, que cela me comblait complètement, car à ce moment-là, c’était vrai : tout mon épanouissement résidait dans le bonheur que je prenais à m’occuper de ma maison, de mon mari et de mes enfants.

Seulement, les jours, semaines, mois, années ont passé et j’ai fini par réaliser que ce qui était pour moi une source de plénitude, ne l’était plus forcément aujourd’hui. Et c’est NORMAL.

Cela fait bientôt 4 ans que je suis mère au foyer, et je sais à quel point pour toutes celles qui sont dans la même situation, la culpabilité peut très vite prendre le dessus quand on réalise par exemple que cela ne nous suffit plus. Pourtant, le changement est normal ; nous ne sommes pas des machines qui ont été programmées pour n’avoir qu’un seul désir, qu’une seule opinion. Le monde change, nos enfants grandissent, ce qui étaient hier n’est plus aujourd’hui et c’est NORMAL de se réveiller un matin et d’avoir un désir d’accomplissement qui nait en nous. Non pas que nous ne nous accomplissons pas en tant que mère, mais il y a des saisons où nous avons envie de plus que changer des couches, préparer des repas, et faire le ménage. Il y a des saisons où on aimerait aussi être actives dans la société et il n’y a aucun mal à cela. Surtout, cela ne fait pas de nous de mauvaises mères mais au contraire, des femmes avec des ambitions, tout simplement.

La routine que constitue la vie de mère au foyer peut bien souvent nous emmener à nous ennuyer – littéralement – et personnellement, je l’ai vécu. Je me suis réveillée un matin en me disant que j’avais envie de plus que cela. Et je travaille actuellement pour que ce « plus » soit une réalité dans ma vie.

En général, ce « plus » peut prendre la forme d’un emploi qu’on désire avoir, d’une entreprise qu’on veut monter, d’une association, d’un blog ou d’une chaine YouTube qu’on veut créer, d’une nouvelle passion qu’on découvre ou d’un livre qu’on a toujours voulu écrire. Il n’y a pas de normes, dès lors que c’est une activité qui nous fait sortir de notre quotidien de maman – et de notre maison si possible.

Bien entendu, toutes les mères au foyer ne se sentent pas concernées par ce que je dis, et it’s ok. Chacune son parcours et ses aspirations. Mais personnellement, je pense qu’avoir une activité en dehors de la vie de maman est extrêmement bénéfique pour nous. En effet, avant d’être des mères, nous sommes des femmes à part entière, créées par Dieu pour accomplir quelque chose de grand sur cette terre. Et sortir des quatre murs de nos maisons nous aide à découvrir ce « quelque chose » et de marcher pleinement vers notre but. A aucun moment la maternité ne doit freiner le but premier pour lequel nous sommes sur terre.

De plus, cela nous permet de nous ressourcer pour ensuite déverser sur nos enfants ce qu’on a de meilleur. Par exemple, l’année dernière, j’ai réalisé mon premier atelier Ezer destiné aux futures mariées et je ne vous dis pas à quel point ça m’avait fait du bien de me sentir utile auprès de personnes extérieures. Je me suis sentie plus vivante, plus forte, plus intelligente et capable de tout. C’est exactement ce que les activités extérieures peuvent nous apporter. Chaque mère doit avoir cet endroit où elle peut être et faire ce qui bouillonne à l’intérieur d’elle.

Je termine en disant encore une fois à une maman que le désir d’accomplissement que l’on ressent à un certain moment dans nos vies est normal et ne doit en aucun cas constituer une source de culpabilité. Parce que oui : ce n’est pas notre capacité à rester à la maison qui fait de nous de bonnes mères, mais c’est l’amour que nous donnons à nos enfants, sous toutes ses formes qui le fait.

Moi je crois à une maternité équilibrée : une maternité où on a le droit de vouloir rester à la maison pendant une certaine période, et de changer d’avis quelques mois après. Une maternité où on choisit de quitter le sommet de sa carrière et de se consacrer entièrement à ses enfants.

Je milite pour une maternité épanouie, libre, bienveillante, où nos ambitions ne sont pas – ou plus – oubliées à cause de notre statut de mère. Une maternité où on a le droit de changer d’avis, jusqu’à ce que nous trouvions le parfait équilibre, celui qui nous convient personnellement.

J’espère que cet article aura une résonnance particulière dans ton cœur et t’aidera à oser rêver ou à accomplir des rêves déjà existants. Tu peux le faire. Tu dois le faire. N’ai pas honte. N’ai pas peur.

Avec tout mon amour,

PS : Si tu as besoin de conseils personnalisés sur ta vie de maman ou d’une personne pour t’écouter ou t’accompagner dans le domaine de la maternité épanouie et bienveillante, sache que tu peux programmer avec moi une heure d’écoute (payante et 100% digitale) pour que nous puissions échanger en tout liberté, confidentialité et sans jugement. Envoie-moi un mail à journal.esther@gmail.com pour réserver ton heure. Au plaisir de te retrouver bientôt.

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